Information médicale : cet article a une vocation informative et ne se substitue pas à un avis médical professionnel. Pour tout problème de santé, consultez votre médecin ou votre pharmacien.
Vous voulez savoir combien gagne un chirurgien en France en 2026 ? Notre rédaction a recoupé la grille hospitalière publique des praticiens hospitaliers, les fourchettes constatées en clinique privée et les données du Centre national de gestion (CNG) pour vous donner une vue d’ensemble fiable. La rémunération d’un chirurgien varie fortement selon trois critères : le statut (hospitalier ou libéral), la spécialité chirurgicale et le secteur conventionnel (1 ou 2).
L’essentiel à retenir
- Salaire chirurgien France 2026 : 4 600 à 9 300 € brut/mois à l’hôpital public, 8 000 à 20 000 € net/mois en libéral.
- L’écart public/privé peut dépasser 1 à 3, surtout en secteur 2 avec dépassements d’honoraires.
- Grille officielle du praticien hospitalier (13 échelons) fixée par l’arrêté du 29 juin 2023, modifié le 8 juillet 2025 (Service-public.gouv.fr).
Combien gagne un chirurgien en France ? Vue d’ensemble 2026
Un chirurgien débutant à l’hôpital public perçoit environ 4 600 € brut par mois en début de carrière, hors primes et gardes. Un chirurgien confirmé en fin de carrière dépasse les 9 300 € brut mensuel sur la grille indiciaire seule, et atteint souvent 12 000 à 13 000 € avec l’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE) et les gardes. En libéral, la fourchette est beaucoup plus large et dépend du secteur conventionnel et de l’activité.
Voici une synthèse des fourchettes constatées par mode d’exercice.
| Mode d’exercice | Débutant | Confirmé | Fin de carrière |
|---|---|---|---|
| Hôpital public (PH, brut/mois) | ≈ 4 600 € | 6 000 à 8 500 € | ≈ 9 300 € |
| Hôpital + primes (IESPE, gardes) | 5 500 à 6 500 € | 8 000 à 11 000 € | 11 000 à 13 000 € |
| Libéral secteur 1 (net/mois) | 5 000 à 7 000 € | 8 000 à 12 000 € | 10 000 à 14 000 € |
| Libéral secteur 2 ou esthétique (net/mois) | 6 000 à 9 000 € | 12 000 à 18 000 € | 15 000 à 25 000 € |
Grille hospitalière 2026, le statut de praticien hospitalier
La très grande majorité des chirurgiens du secteur public exercent sous le statut de praticien hospitalier (PH). Leur rémunération de base suit une grille indiciaire unique, identique pour toutes les spécialités médicales et chirurgicales, fixée par l’arrêté du 29 juin 2023 et révisée le 8 juillet 2025 selon le Centre national de gestion.
Cette grille comporte 13 échelons. La progression se fait tous les deux ans pour les huit premiers échelons, puis tous les quatre ans à partir du neuvième. Les bornes officielles sont les suivantes.
| Échelon | Ancienneté | Brut annuel | Brut mensuel ≈ |
|---|---|---|---|
| 1er | 0 à 2 ans | 55 607,79 € | 4 634 € |
| 5e | 8 à 10 ans | ≈ 73 000 € | ≈ 6 080 € |
| 9e | 16 à 18 ans | ≈ 92 500 € | ≈ 7 710 € |
| 13e | 30 ans et + | 112 416,56 € | 9 368 € |
À cette grille s’ajoutent plusieurs compléments significatifs :
- L’indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE) : environ 1 010 € brut mensuel pour les PH qui renoncent à toute activité libérale.
- Les gardes de nuit : environ 422 € brut par garde, plus rémunérées le week-end et les jours fériés.
- Les astreintes opérationnelles et de sécurité, variables selon le type d’établissement et la nature des interventions.
- La prime d’engagement de carrière hospitalière (PECH) pour les spécialités en tension.
Salaire chirurgien par spécialité, les écarts 2026
La grille hospitalière ne fait pas de différence entre un chirurgien cardiothoracique et un chirurgien viscéral : ils touchent le même brut de base. C’est en libéral et en secteur 2 que les écarts apparaissent, liés à la complexité technique, à la durée des interventions et aux dépassements d’honoraires autorisés.
| Spécialité chirurgicale | Hôpital public (brut/mois, IESPE incluse) | Libéral / secteur 2 (net/mois) |
|---|---|---|
| Chirurgie générale et viscérale | 5 600 à 10 400 € | 8 000 à 14 000 € |
| Chirurgie orthopédique | 5 600 à 10 400 € | 10 000 à 20 000 € |
| Chirurgie cardiothoracique | 5 600 à 10 400 € | 10 000 à 18 000 € |
| Neurochirurgie | 5 600 à 10 400 € | 10 000 à 18 000 € |
| Chirurgie vasculaire | 5 600 à 10 400 € | 8 000 à 14 000 € |
| Chirurgie urologique | 5 600 à 10 400 € | 8 000 à 13 000 € |
| Chirurgie pédiatrique | 5 600 à 10 400 € | 7 000 à 12 000 € |
| Chirurgie plastique et reconstructive | 5 600 à 10 400 € | 10 000 à 20 000 € |
| Chirurgie esthétique (libéral seul) | Non applicable | 12 000 à 25 000 € |
À retenir : la chirurgie esthétique est la seule où l’hôpital public n’apparaît pas, parce qu’elle relève du hors nomenclature de la Sécurité sociale, donc d’une pratique privée presque exclusive.
Public ou privé, pourquoi un tel écart de rémunération ?
Voilà l’un des débats les plus vifs de la chirurgie française. À diplôme et compétences égales, un chirurgien en clinique privée de secteur 2 peut gagner deux à trois fois plus que son collègue praticien hospitalier de même ancienneté. L’explication tient à trois mécanismes.
Premier mécanisme, le secteur conventionnel. Les chirurgiens en secteur 1 appliquent les tarifs conventionnés de l’Assurance maladie, sans dépassement possible. Les chirurgiens en secteur 2 (honoraires libres) peuvent appliquer des dépassements d’honoraires, dans la limite du tact et de la mesure inscrite dans la convention médicale. L’accès au secteur 2 est conditionné à un parcours préalable : ancien chef de clinique des universités assistant des hôpitaux (CCA), ancien praticien hospitalier titulaire ou équivalent.
Deuxième mécanisme, le volume d’activité. Un chirurgien libéral installé dans une clinique privée à fort volume opère souvent plus que son confrère hospitalier, qui consacre une partie significative de son temps à l’enseignement, à la formation des internes et aux activités universitaires. Chaque intervention supplémentaire pèse directement sur le chiffre d’affaires.
Troisième mécanisme, le statut fiscal et social. Le praticien hospitalier touche un salaire net après cotisations, l’employeur (l’hôpital) prenant en charge ses cotisations patronales. Le chirurgien libéral, lui, doit financer lui-même la CARMF (sa caisse de retraite), une responsabilité civile professionnelle élevée (parfois 30 000 € par an en neurochirurgie ou en orthopédie) et l’ensemble de ses charges de cabinet.
Le résultat : à brut équivalent, le net libéral est inférieur de 40 à 55 % une fois les charges déduites. Mais le brut, lui, peut être deux à quatre fois supérieur au public.
Chirurgien plastique et esthétique, un cas à part
Le chirurgien plastique intervient dans deux univers très différents. D’un côté la chirurgie reconstructrice, remboursée par l’Assurance maladie : reconstruction mammaire après mastectomie, correction de fentes labiales et palatines, prise en charge des grands brûlés, chirurgie de la main. De l’autre la chirurgie esthétique stricto sensu (rhinoplastie de confort, lifting, liposuccion), qui est hors nomenclature et facturée librement.
En début d’exercice libéral, un chirurgien plastique perçoit entre 6 000 et 9 000 € nets par mois. Un confirmé installé en secteur 2 atteint 12 000 à 20 000 € nets. Les figures les plus établies en chirurgie purement esthétique peuvent dépasser 25 000 € nets mensuels, mais cette tranche reste très minoritaire et concentrée sur quelques cabinets parisiens, lyonnais ou marseillais avec une forte notoriété.
À noter : la chirurgie plastique est l’une des spécialités les plus concurrentielles en libéral. La réputation, le bouche-à-oreille et la qualité de l’accueil pèsent autant que la technique opératoire dans la construction de la patientèle.
Salaire d’un chirurgien débutant, du PASS au premier poste
Devenir chirurgien représente un parcours long, dont la rémunération évolue progressivement. Voici les principales étapes salariales du début de carrière d’un chirurgien.
- Interne en chirurgie (années 7 à 11 après le bac, selon la spécialité) : environ 1 500 € brut mensuel la première année d’internat, autour de 2 600 € la sixième année.
- Chef de clinique des universités assistant des hôpitaux (CCA) ou assistant spécialiste, pendant 2 à 4 ans après l’internat : environ 3 500 à 4 500 € brut mensuel, avec primes hospitalières.
- Praticien hospitalier titulaire au 1er échelon : 55 608 € brut annuel, soit environ 4 634 € brut mensuel hors IESPE et gardes. Avec IESPE et 4 à 5 gardes par mois, le total atteint souvent 6 000 à 6 500 € brut.
- Installation en libéral (souvent après 35 ans) : rémunération très variable la première année, le temps de constituer une patientèle et d’amortir les investissements.
Domaines d’intervention du chirurgien
La chirurgie ne forme pas un bloc homogène. Elle se subdivise en une dizaine de spécialités principales, reconnues par un diplôme d’études spécialisées (DES) propre. Chacune a sa logique technique, son rythme et son rapport au risque.
- Chirurgie cardiothoracique. Cœur, poumons, gros vaisseaux du thorax. Spécialité parmi les plus exigeantes en formation continue, avec des interventions souvent longues (4 à 8 heures) sur patients à fort risque vital.
- Chirurgie générale et viscérale. Système digestif, thyroïde, glandes mammaires, voies urinaires hautes. C’est le pivot historique de la chirurgie, base de nombreuses sur-spécialisations.
- Orthopédie et traumatologie. Prothèses de hanche et de genou, ligamentoplasties du sportif, fractures complexes. Probablement la spécialité chirurgicale la mieux rémunérée en secteur libéral, du fait de l’âge croissant de la population et du sport intensif.
- Neurochirurgie. Cerveau, moelle épinière, nerfs périphériques. Très peu de praticiens en France (autour de 400 neurochirurgiens en exercice selon le Conseil de l’Ordre des médecins), ce qui explique une rémunération élevée et une forte responsabilité.
- Chirurgie plastique et reconstructive. Reconstruction après cancer, grands brûlés, malformations congénitales, mais aussi chirurgie esthétique pure en exercice libéral.
- Chirurgie vasculaire. Varices, anévrismes, athérosclérose, accès vasculaires pour la dialyse rénale.
- Chirurgie pédiatrique. Enfants et nourrissons. Spécialité peu nombreuse, exercée majoritairement en CHU pour des raisons de plateau technique.
D’autres spécialités viennent compléter le paysage : chirurgie urologique, chirurgie de la main, chirurgie maxillo-faciale et stomatologie, chirurgie ORL et cervico-faciale, chirurgie ophtalmologique, chirurgie bariatrique, chirurgie de transplantation. Toutes exigent un DES dédié et plusieurs années de sur-spécialisation.
Comment devient-on chirurgien en France ?
Le parcours pour devenir chirurgien dure 11 à 12 ans après le baccalauréat. Il se décompose en plusieurs étapes structurantes.
- Première année : PASS (Parcours accès santé spécifique) ou L.AS (Licence avec accès santé). Sélection stricte à l’issue de la première année.
- Externat (4 à 5 ans) : poursuite des études de médecine avec stages hospitaliers, validation du diplôme de formation approfondie en sciences médicales.
- Épreuves dématérialisées nationales (EDN), qui ont remplacé les anciennes ECN. Le classement détermine l’accès à la spécialité chirurgicale souhaitée.
- Internat de chirurgie (5 à 6 ans selon la spécialité) via le DES de chirurgie correspondant. C’est durant cette période que l’interne apprend le geste opératoire en responsabilité progressive.
- Clinicat ou assistanat (2 à 4 ans) en CHU ou centre hospitalier, étape souvent indispensable pour accéder au secteur 2 par la suite.
Le baccalauréat général avec spécialités scientifiques (mathématiques, physique-chimie, SVT) reste le profil le plus représenté pour intégrer la première année de médecine, même si d’autres voies existent. Détails complets sur la fiche métier de l’Onisep.
Sources officielles et pour aller plus loin
Toutes les valeurs citées dans cet article sont issues de sources institutionnelles, recoupées avec les enquêtes professionnelles. Pour consulter les données brutes ou suivre les évolutions de grille :
- Service-public.gouv.fr : statut et rémunération du praticien hospitalier.
- Centre national de gestion (CNG) : grille indiciaire détaillée, arrêtés en vigueur.
- Onisep, fiche métier chirurgien : formation et parcours.
- Conseil national de l’Ordre des médecins : démographie médicale, atlas annuel.
- CARMF : Caisse autonome de retraite des médecins, publications sur les revenus libéraux.
- Ameli.fr : convention médicale, secteurs conventionnels et dépassements.
Foire aux questions sur le salaire d’un chirurgien
Quel est le chirurgien le mieux payé en France ?
Les chirurgiens orthopédistes et plastiques en secteur 2 figurent traditionnellement parmi les mieux rémunérés, suivis des neurochirurgiens et des chirurgiens cardiaques. Le revenu dépend toutefois moins de la spécialité elle-même que du mode d’exercice (libéral plutôt que hospitalier), du secteur conventionnel et du volume d’activité.
Quel est le salaire d’un chirurgien cardiaque ?
À l’hôpital public, un chirurgien cardiaque suit la grille de praticien hospitalier, soit environ 4 600 à 9 300 € brut mensuel selon l’échelon, hors gardes et IESPE. En libéral secteur 2, sa rémunération nette se situe le plus souvent entre 10 000 et 18 000 € par mois une fois la patientèle constituée.
Quel est le salaire net d’un chirurgien ?
Pour un praticien hospitalier titulaire au premier échelon, le salaire net mensuel avoisine 3 800 € hors gardes et primes. En fin de carrière, il s’élève à environ 7 200 € net. En secteur libéral, le net dépend du chiffre d’affaires et des charges, qui représentent souvent 45 à 55 % du CA (loyer du cabinet, RCP, CARMF, charges sociales).
Quel est le salaire d’un chirurgien par mois ?
À l’hôpital public, la fourchette de la grille seule est de 4 600 à 9 300 € brut. Avec IESPE et gardes, le brut mensuel total atteint 6 000 à 13 000 €. En libéral, la rémunération nette varie de 8 000 à 20 000 € par mois, voire davantage pour les spécialités à fort dépassement comme la chirurgie orthopédique ou plastique.
Quel bac pour devenir chirurgien ?
Un baccalauréat général avec des spécialités scientifiques (mathématiques, physique-chimie, SVT) est le profil le plus représenté pour intégrer la première année PASS ou L.AS de médecine. Les bacheliers technologiques (STL, ST2S) peuvent tenter leur chance mais affrontent un parcours nettement plus difficile.
Combien d’années d’études pour devenir chirurgien ?
Il faut compter 11 à 12 ans d’études après le baccalauréat, soit la première année de santé (PASS ou L.AS), l’externat (4 à 5 ans), puis l’internat de chirurgie (5 à 6 ans selon la spécialité) via les épreuves dématérialisées nationales et le diplôme d’études spécialisées correspondant.
Un chirurgien gagne plus en secteur 1 ou en secteur 2 ?
Le secteur 2 (honoraires libres) permet des revenus nettement supérieurs car le chirurgien peut pratiquer des dépassements d’honoraires, contrairement au secteur 1 où il applique strictement le tarif conventionné de l’Assurance maladie. L’accès au secteur 2 est conditionné par un parcours préalable de chef de clinique ou de praticien hospitalier titulaire.
Quel est le salaire d’un chirurgien plastique ?
En libéral, un chirurgien plastique débutant perçoit environ 6 000 à 9 000 € nets par mois. Un confirmé installé en secteur 2 atteint 12 000 à 20 000 € nets. En chirurgie purement esthétique (hors nomenclature Sécurité sociale), les revenus peuvent dépasser 25 000 € nets pour les profils les plus établis, mais cette tranche reste minoritaire.
Pour aller plus loin sur les métiers de la santé et leurs rémunérations, vous pouvez consulter aussi :


