L’eczéma ou dermatite est une maladie de peau qui provoque des lésions prurigineuses (qui démangent), une inflammation des couches superficielles ou une éruption cutanée.
C’est une maladie assez courante. Pourtant, souvent, on n’en comprend pas l’origine. De ce fait, les personnes subissant l’eczéma se sentent impuissantes.
Dans tous les cas, lorsque la peau est abîmée on ne peut pas toujours se soustraire au regard des autres. Alors un sentiment de honte ou même de culpabilité s’installe. Et on finit par vivre l’eczéma comme une punition.
Vous-mêmes, si vous en souffrez, vous avez pu ressentir le rejet, voire le dégoût de la part des autres.
L’essentiel à retenir
- L’eczéma atopique touche 8 à 10 % des enfants et 5 % des adultes en France.
- Il se manifeste par des démangeaisons, rougeurs et peau sèche évoluant par poussées.
- Il résulte d’une prédisposition génétique (50-70 % des patients ont un parent atteint) + défaut de la barrière cutanée (gène de la filaggrine).
- Il n’est pas contagieux.
- 50 % des eczémas atopiques disparaissent avant l’âge de 5 ans.
- Soins de base : émollients quotidiens + dermocorticoïdes en poussée (avis médical).
L’eczéma est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui touche environ 8 à 10 % des enfants et 5 % des adultes en France. Il se manifeste par des démangeaisons, des rougeurs et une peau sèche évoluant par poussées, sur un terrain à prédisposition génétique.
L’eczéma n’est pas contagieux, il ne s’attrape pas du tout par contact. Les causes de l’eczéma ne sont pas connues.
Le développement de l’eczéma résulte d’une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux. Ainsi, lorsqu’un irritant agresse le système immunitaire du corps, il se produit une inflammation qui provoque des symptômes typiques de l’eczéma.
Il existe de nombreux types d’eczéma, dont la dermatite atopique, la dermatite de contact, l’eczéma nummulaire, la dermatite séborrhéique…
Quels sont les différents types d’eczéma ?
On distingue plusieurs formes d’eczéma selon la cause et les zones touchées. Connaître le type permet d’adapter la prise en charge.
La dermatite atopique (eczéma atopique)
La forme la plus fréquente, surtout chez l’enfant. Elle est liée à une prédisposition génétique et à une barrière cutanée défectueuse. Les lésions apparaissent par poussées, principalement sur le visage, le cuir chevelu et les plis de flexion (coudes, genoux). Elle s’associe souvent à l’asthme ou aux allergies (terrain atopique).
L’eczéma de contact
Provoqué par le contact direct avec une substance irritante (détergents, solvants) ou allergène (nickel, parfums, conservateurs cosmétiques). Les lésions se développent à l’endroit du contact. L’éviction de l’agent responsable, identifié par un test allergologique, permet la guérison.
La dyshidrose (eczéma dyshidrosique)
Petites vésicules remplies de liquide transparent sur les paumes des mains, les doigts ou la plante des pieds, souvent très prurigineuses. Elle est favorisée par la transpiration, le stress et certains allergènes.
L’eczéma nummulaire
Plaques rondes ou ovales, bien délimitées, ressemblant à des pièces de monnaie, principalement sur les jambes, les bras ou le tronc. Plus fréquent chez l’adulte, souvent aggravé par la peau sèche.
La dermatite séborrhéique
Rougeurs squameuses sur les zones riches en glandes sébacées : cuir chevelu (pellicules grasses), ailes du nez, sourcils, oreilles. Elle est liée à la prolifération d’une levure (Malassezia) sur une peau prédisposée.
Quels sont les symptômes de l’eczéma ?
Les symptômes de l’eczéma associent démangeaisons intenses, rougeurs, sécheresse cutanée et parfois petites vésicules qui peuvent suinter. La peau devient rugueuse, épaisse et tend à s’améliorer entre les poussées. Les manifestations varient selon l’âge et la zone du corps touchée.
Les démangeaisons
La peau qui démange est le symptôme le plus courant de la majorité des types d’eczéma. Ces démangeaisons sont spécifiques et ressemblent à une piqûre d’insecte ou à la réaction douloureuse au contact avec la sève du sumac.
Les démangeaisons chroniques dues à l’eczéma ont d’autres répercussions que sur le simple plan physique. De nombreuses personnes souffrent aussi de troubles du sommeil et de problèmes concernant leur santé mentale tels que la dépression et l’anxiété.
Bien que les antihistaminiques n’arrêtent pas vraiment la sensation de démangeaisons, ils peuvent être recommandés pour aider les personnes atteintes d’eczéma à s’endormir.
Se munir de gants en coton durant la nuit et se couper les ongles très courts aideront aussi à protéger la peau des grattages nocturnes.
Enfin, une consultation chez le dermatologue vous permettra d’obtenir un traitement à base de cortisone, comme c’est d’usage contre l’eczéma. Mais cette solution a rarement un effet durable.
Ces 7 conseils pourraient soulager les démangeaisons dues à l’eczéma
- Utilisez des nettoyants pour la peau à pH bas pour préserver le film gras de la peau (le pH de la peau est légèrement acide avec un pH entre 4 et 6). Il vaut mieux utiliser un savon dont le pH est proche de celui de l’épiderme. La peau sera bien nettoyée, et en plus conservera sa protection superficielle.
- Appliquer des compresses froides
- Pincez et tapotez la peau qui démange (plutôt que de la gratter)
- Prenez un bain avec du vinaigre de cidre de pomme ou ajoutez-le à une compresse froide
- Portez des vêtements doux, respirants et naturels sur votre peau
- Essayez la méditation, l’acupuncture
- Hydratez fréquemment avec une crème riche et nourrissante ou appliquez un baume anti-démangeaisons efficace avec une recette que vous pouvez préparer à la maison
Notez que les symptômes de l’eczéma sont différents pour chaque personne.
Ils peuvent être différents de ceux d’un autre adulte ou de ceux d’un enfant. Vous pouvez même souffrir de plusieurs types d’eczéma sur différentes zones du corps.
L’eczéma provoque en général des démangeaisons légères. Mais ça peut devenir bien pire et vous pourriez avoir une peau extrêmement enflammée. Parfois, les démangeaisons deviennent si vives que certaines personnes se grattent jusqu’à ce que la peau saigne, ce qui peut aggraver votre eczéma.
Peau sèche
La peau devient très sèche et irritée, elle est aussi plus épaisse.
Des rougeurs apparaissent avec une sensation de chaleur. La peau devient sensible et douloureuse.
Peau gonflée
Les paupières gonflées sont le signe d’une inflammation. La sécheresse rend la peau rugueuse au toucher et squameuse, ou autrement dit, elle commence à peler. Un eczéma plus sévère peut rendre la peau suintante ou croûteuse.
Vous pouvez cumuler tous ces symptômes ou seulement quelques-uns. Vous pouvez avoir des poussées d’eczéma et ensuite constater qu’elles disparaissent rapidement. La meilleure façon de savoir si vous souffrez d’eczéma est de consulter un professionnel de santé. Il examinera votre peau et vous renseignera sur vos symptômes.
Eczéma de l’enfant et du nourrisson
La dermatite atopique est la première maladie cutanée chronique de l’enfant. Selon l’Assurance Maladie, elle touche environ 10 à 15 % des nourrissons en France. Elle apparaît le plus souvent vers 3 mois et évolue par poussées entrecoupées de phases d’accalmie.
Localisations selon l’âge
Chez le nourrisson (avant 2 ans), les lésions touchent principalement les zones convexes : visage (joues, front, menton, en épargnant le triangle péribuccal), cuir chevelu, faces externes des bras et des jambes. La zone du siège est souvent épargnée.
Chez l’enfant plus âgé (à partir de 2 ans), l’eczéma se déplace vers les plis : creux des coudes, derrière les genoux, poignets, chevilles, cou. La peau s’épaissit progressivement (on parle de lichénification).
Évolution naturelle
Selon les données de l’Inserm, environ 50 à 70 % des dermatites atopiques de l’enfant guérissent ou s’atténuent avant l’adolescence. Une persistance ou une réapparition à l’âge adulte reste cependant possible, notamment chez les patients dont la maladie est sévère ou associée à un asthme.
Soins quotidiens du bébé atopique
- Bain court (5 minutes maximum), à 35 °C, tous les jours ou un jour sur deux. L’eau chaude assèche la peau.
- Nettoyant sans savon (syndet, huile lavante) à pH neutre, sans parfum ni sulfates.
- Émollient appliqué dans les 3 minutes après le bain, sur peau humide, en couche généreuse. À renouveler une seconde fois dans la journée.
- Vêtements en coton, lessive hypoallergénique, pas d’adoucissant.
- Ongles courts et moufles la nuit chez les nourrissons qui se grattent jusqu’au sang.
Dermocorticoïdes : pas de cortico-phobie
Les crèmes à base de cortisone restent le traitement de référence des poussées chez l’enfant. Bien utilisés (classe adaptée, durée courte, application en couche fine), les dermocorticoïdes sont sûrs et efficaces. Selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé, leur sous-utilisation est l’une des principales causes d’échec thérapeutique. Le pharmacien et le médecin ont un rôle pédagogique pour rassurer les parents.
Allergies alimentaires : prudence avec les régimes d’éviction
Une allergie alimentaire authentique n’est retrouvée que dans une minorité de cas (environ 10 à 30 % des eczémas sévères du nourrisson). Mettre un enfant au régime sans bilan allergologique préalable est fortement déconseillé : risque de carences, de retard de croissance et d’aggravation paradoxale de l’eczéma. Tout régime d’éviction doit être validé par un allergologue ou un pédiatre.
Crèche, école et vie collective
L’eczéma n’est pas contagieux. L’enfant peut fréquenter normalement la crèche ou l’école. En cas de poussée importante, un certificat médical peut être demandé pour adapter ponctuellement les activités (piscine notamment, où le chlore peut aggraver les symptômes).
Quand consulter en urgence ?
- Croûtes jaunâtres, suintement, fièvre : suspicion de surinfection bactérienne (souvent à staphylocoque doré).
- Vésicules en bouquet, douleur intense : possible herpès cutané (eczéma herpeticum), urgence dermatologique.
- Sommeil perturbé plusieurs nuits d’affilée par les démangeaisons.
- Échec des soins après 7 à 10 jours malgré une bonne observance.
- Toute poussée chez un nourrisson de moins de 3 mois.
Les causes de l’eczéma
L’eczéma atopique résulte d’une prédisposition génétique associée à un défaut de la barrière cutanée. 50 à 70 % des patients ont un parent atteint au premier degré, et des anomalies du gène de la filaggrine, essentiel à l’étanchéité de la peau, sont fréquemment en cause (source : Inserm).
Certaines personnes souffrant d’eczéma auraient un système immunitaire très réactif. Il sur-réagirait en produisant une inflammation. Cela provoque des symptômes bien spécifiques à l’eczéma, tels que les rougeurs, la peau qui gratte et une sensibilité cutanée.
La recherche montre également une possible modification de la filaggrine, qui est la protéine des cellules qui constitue 90 % de la couche superficielle de la peau. Elle agit comme une barrière contre les substances dangereuses présentes dans l’environnement et aide à retenir l’eau dans les cellules. Or, des mutations géniques de la filaggrine (FLG) contribuent à développer un eczéma. Les personnes ayant ce problème ont tendance à avoir la peau sèche et sensible, augmentant ainsi le risque de développer des infections ou d’aggraver la dermatite atopique.
Les déclencheurs de l’eczéma
Il est important de garder vos symptômes sous contrôle pour rester en bonne santé et à l’aise tout en vivant avec l’eczéma. Lorsque vous essayez d’identifier les déclencheurs potentiels, gardez à l’esprit qu’une poussée d’eczéma peut apparaître quelque temps après l’exposition. Ce délai peut rendre certains déclencheurs difficiles à détecter.
L’eczéma affecte les personnes de différentes manières. Essayez d’identifier les déclencheurs, ça vous aidera à garder l’eczéma sous contrôle. Connaître ces déclencheurs est important car les poussées d’eczéma peuvent survenir après avoir été exposé. Sachez que les symptômes de l’eczéma peuvent varier en fonction des périodes de l’année. Il peut survenir sur plusieurs zones de votre corps.
Quels sont les déclencheurs ?
Sécheresse de la peau

Ainsi, lorsque votre peau devient très sèche, elle se tend, a un aspect rugueux et écailleux. Elle peut commencer à se craqueler. Si vous ne faîtes rien, une poussée d’eczéma peut se produire.
D’où l’importance d’hydrater autant que possible la peau pour limiter les poussées d’eczéma. Le fait d’utiliser une crème émolliente (qui ramollit la peau) permet de limiter les symptômes de l’eczéma.
Préférez les huiles végétales telles que l’huile de coco vierge ou le beurre de karité, particulièrement indiqués et efficaces pour nourrir la peau en profondeur.
Il en est de même des huiles d’onagre et de bourrache. Elles sont riches en acide gras gamma-linolénique, de la famille des oméga-6 qui a des vertus anti-inflammatoires bénéfiques pour la peau sèche.
Évitez les huiles minérales du type vaseline et paraffine qui n’apportent aucun bénéfice à la peau.
Produits irritants cutanés
Les produits irritants utilisés au quotidien peuvent être des déclencheurs. Ainsi, certains produits que vous utilisez à la maison ou sur votre corps, même ceux considérés comme naturels, peuvent provoquer des brûlures et des démangeaisons cutanées.
Ces produits courants et présents dans notre vie quotidienne sont nombreux : le savon pour les mains, le liquide vaisselle, certains ingrédients contenus dans les produits ménagers, le shampoing, le gel douche, les parfums, les lingettes pour bébé…
Une forme particulièrement courante touchant les mains est la dyshidrose, qui se manifeste par de petites cloques et des démangeaisons entre les doigts et sur les paumes.
Parmi les irritants que l’on ne soupçonne pas : certains vaccins, la fumée de cigarette, certains tissus comme le polyester, la laine, certains métaux tels que le nickel, certaines colles et adhésifs…
Cela peut paraître étonnant, mais certains jus de fruits ou de légumes ou encore la viande crue, peuvent irriter votre peau et provoquer de l’eczéma.
Déficit en vitamine D
Les eczémas les plus graves peuvent être associés à un déficit de vitamine D.
Où trouver cette précieuse vitamine D ?
Pour couvrir vos besoins quotidiens, il faudrait vous exposer au soleil 15 à 20 minutes dans la journée en découvrant bien vos bras, jambes et visage, sans aller jusqu’à la rougeur. En hiver, il est préférable de prendre des compléments pour avoir un apport suffisant.
Intolérance au gluten ou au lactose
L’eczéma peut être lié à un problème intestinal. Corriger certaines erreurs dans le cadre d’une alimentation saine et équilibrée peut être une solution.
Des chercheurs ont mis en évidence que l’intolérance au gluten (ou de maladie cœliaque) pouvait provoquer une maladie de peau, souvent de l’eczéma ou du psoriasis.
Il en est de même dans le cas d’intolérance au lactose contenu dans le lait et dans les laitages.
Il est intéressant de supprimer pour un temps les produits contenant du gluten ou du lactose, pour vérifier si l’eczéma peut être amélioré.
Quelques fois, il faut combiner une alimentation différente avec une cure de probiotiques pour faire disparaître l’eczéma.
Stress émotionnel
De plus en plus, le stress émotionnel devient un déclencheur de l’eczéma. Certaines personnes constatent parfois que leurs symptômes s’aggravent quand elles se sentent “stressées”. Les recherches suggèrent que les personnes atteintes d’eczéma, en particulier de dermatite atopique, présentent des taux plus élevés de dépression, d’anxiété…
Selon les scientifiques, une personne qui ressent les symptômes suivants pendant deux semaines ou plus, pourrait souffrir de dépression et devrait consulter un professionnel de la santé :
- se sentir triste, et/ou anxieux
- sentiment de désespoir
- perte d’intérêt pour toute activité
- diminution de l’énergie, sensation de fatigue fréquente
- difficulté de concentration
- agitation, incapacité à rester assis
- problèmes d’insomnies
- fluctuation du poids
- pensées de suicide…
Réduire votre stress est donc très important. Essayez ces conseils :
- Comptez jusqu’à dix pendant que vous prenez une profonde inspiration.
- Faîtes de l’exercice physique au quotidien.
- Réduisez la caféine et l’alcool.
- Dormez suffisamment la nuit.
- Mangez équilibré et varié.
- Efforcez-vous d’avoir une attitude toujours positive.
- Pratiquez la méditation et la relaxation pour diminuer votre stress
- Tenez un journal et écrivez un peu tous les jours.
- Parlez de votre vie avec vos amis, votre famille et un thérapeute au besoin.
- Consultez votre dermatologue dès que vous remarquez des symptômes en lien avec l’eczéma.
Traitements médicaux de l’eczéma
Il n’existe pas de traitement curatif définitif de la dermatite atopique. L’objectif thérapeutique est de contrôler l’inflammation, restaurer la barrière cutanée et espacer les poussées. Les recommandations 2023 de la HAS et de la Société Française de Dermatologie structurent la prise en charge en plusieurs niveaux.
Traitement de fond : les émollients
L’application quotidienne (voire biquotidienne) d’un émollient est la pierre angulaire du traitement, hors poussée comme pendant les poussées. Elle réduit la fréquence des crises de moitié et diminue les besoins en dermocorticoïdes. Les émollients gras (cérat, baume) sont préférés aux laits, plus légers mais moins occlusifs.
Dermocorticoïdes : 4 classes selon la puissance
Les corticoïdes locaux constituent le traitement de première intention des poussées. Selon le Vidal, ils se classent en quatre niveaux :
- Classe IV (très forte) : clobétasol propionate. Réservé aux formes très épaisses, lichénifiées, jamais sur le visage ni chez l’enfant.
- Classe III (forte) : bétaméthasone, désoximétasone. Indiqué pour les poussées importantes du tronc et des membres chez l’adulte.
- Classe II (modérée) : désonide, bétaméthasone faiblement dosée. Le plus souvent prescrits en pédiatrie et sur le visage.
- Classe I (faible) : hydrocortisone 0,5 à 1 %. Disponible sans ordonnance pour les poussées légères très localisées.
Ils s’appliquent en couche fine, une fois par jour, sur les zones inflammatoires uniquement, jusqu’à disparition des lésions (en général 5 à 14 jours). La règle de la phalangette (1 unité = la quantité déposée sur la dernière phalange de l’index, soit environ 0,5 g) aide à doser correctement.
Inhibiteurs de la calcineurine
Le tacrolimus topique (dosé à 0,03 % chez l’enfant, 0,1 % chez l’adulte) et le pimécrolimus sont des immunosuppresseurs locaux. Ils sont particulièrement utiles sur les zones où les corticoïdes posent problème : visage, plis, paupières, et en relais après une poussée pour espacer les rechutes (schéma proactif 2 fois par semaine sur les zones habituellement touchées).
Traitements par voie générale
- Antihistaminiques sédatifs à base d’hydroxyzine ou de dexchlorphéniramine : utiles le soir lorsque les démangeaisons perturbent le sommeil. Les antihistaminiques non sédatifs n’ont pas d’efficacité démontrée sur le prurit de l’eczéma.
- Antibiothérapie : indiquée uniquement en cas de surinfection cutanée prouvée (staphylocoque, streptocoque), généralement par cloxacilline ou amoxicilline-acide clavulanique.
- Cures courtes de corticoïdes oraux : exceptionnelles, réservées aux poussées graves résistantes, sur prescription dermatologique.
Traitements spécialisés des formes modérées à sévères
Lorsque les soins locaux ne suffisent pas, plusieurs options existent en milieu spécialisé :
- Photothérapie UVB à spectre étroit : 2 à 3 séances par semaine pendant 8 à 12 semaines, en cabinet de dermatologie.
- Ciclosporine : immunosuppresseur oral, prescrit pour quelques mois sous surveillance rénale et tensionnelle.
- Méthotrexate : alternative en cas d’échec ou d’intolérance à la ciclosporine.
- Biothérapies : le dupilumab, anticorps monoclonal anti-IL-4/IL-13, en injection sous-cutanée toutes les 2 semaines. Indiqué dans les formes modérées à sévères de l’adulte et de l’enfant à partir de 6 mois selon l’ANSM.
- Inhibiteurs JAK oraux : upadacitinib, abrocitinib, baricitinib. Disponibles depuis 2021 pour les adultes en échec des autres traitements.
Le choix du traitement dépend de la sévérité, de l’âge, des comorbidités et de la qualité de vie. Une consultation dermatologique annuelle permet de réévaluer la stratégie thérapeutique.
Sans ordonnance ou sur prescription : le rôle du pharmacien
Le pharmacien d’officine est souvent le premier interlocuteur santé des personnes touchées par l’eczéma. Il oriente, conseille les produits adaptés et identifie les situations qui nécessitent une consultation médicale.
Tableau de positionnement des principales catégories de produits
| Catégorie | Sans ordonnance (conseil officine) | Sur prescription médicale |
|---|---|---|
| Émollients | Crèmes et baumes émollients pour peau atopique disponibles en officine, à base de glycérol, beurre de karité, niacinamide ou avoine colloïdale | Préparations à base de vaseline, glycérol et paraffine (remboursées sur ordonnance dans certaines indications) |
| Cortisone locale | Hydrocortisone 0,5 % (formes légères, adulte uniquement) | Désonide, bétaméthasone, clobétasol selon classe |
| Anti-démangeaisons d’appoint | Gel à l’aloe vera, calendula, eaux thermales en spray, sticks apaisants | Antihistaminiques sédatifs (hydroxyzine, dexchlorphéniramine) si prurit nocturne |
| Antiseptiques | Chlorhexidine aqueuse en cas de petite érosion | Acide fusidique, mupirocine en cas de surinfection |
| Anti-inflammatoires non corticoïdes | Sans équivalent disponible sans ordonnance | Tacrolimus, pimécrolimus topiques |
Ce que le pharmacien peut faire
- Conseiller un émollient adapté au type de peau et à la zone (textures plus riches pour le corps, plus légères pour le visage).
- Lire et expliquer la composition des produits cosmétiques pour éviter les ingrédients sensibilisants : parfums, conservateurs (méthylisothiazolinone), tensioactifs irritants (SLS), alcool dénaturé.
- Délivrer un conseil pratique sur l’application des dermocorticoïdes prescrits (quantité, fréquence, durée), pour limiter la cortico-phobie et améliorer l’observance.
- Repérer les signes d’alerte qui imposent une consultation rapide.
Quand consulter un médecin ?
Une visite médicale est nécessaire si :
- L’eczéma s’étend rapidement ou couvre plus de 10 % de la surface corporelle.
- Apparaissent des signes de surinfection : croûtes jaunâtres, suintement, fièvre, ganglions douloureux.
- Les démangeaisons perturbent le sommeil ou la vie quotidienne malgré les soins.
- Le traitement local est inefficace après 7 à 10 jours.
- L’eczéma touche un nourrisson de moins de 3 mois ou une femme enceinte.
- Apparition de vésicules douloureuses en bouquet (suspicion d’eczéma herpeticum, urgence).
Apaiser une poussée : solutions complémentaires
Les approches naturelles ne remplacent pas le traitement médical, mais elles peuvent compléter la prise en charge et soulager l’inconfort entre deux applications de crème. À utiliser en accord avec votre dermatologue ou votre pharmacien.
Bains et compresses apaisantes
- Bain à l’avoine colloïdale : reconnu pour ses propriétés anti-inflammatoires et anti-prurigineuses. Diluer une dose de poudre d’avoine colloïdale (disponible en pharmacie) dans un bain tiède (35 °C maximum), 10 minutes, en évitant le savon.
- Compresses froides : un linge propre humidifié à l’eau fraîche posé 10 minutes sur la zone qui démange procure un soulagement immédiat sans risque de surinfection.
- Eau thermale en spray : effet apaisant grâce à la composition minérale, à pulvériser plusieurs fois par jour, plusieurs sources thermales françaises sont disponibles en officine.
Huiles végétales adaptées aux peaux atopiques
Plusieurs huiles végétales vierges, pressées à froid, complètent utilement le traitement émollient :
- Huile de calendula : apaisante et cicatrisante, particulièrement adaptée aux peaux irritées et aux nourrissons.
- Huile d’amande douce : douce et nourrissante, à utiliser après le bain, mais à éviter en cas d’allergie aux fruits à coque.
- Huile d’avocat : riche en acides gras essentiels, intensément hydratante.
- Huile d’argan : relipidante et anti-oxydante, utile sur les zones lichénifiées.
Toujours réaliser un test dans le pli du coude 24 heures avant la première utilisation.
Aloe vera
Le gel d’aloe vera (au minimum 95 %, sans alcool, sans parfum) apaise les démangeaisons et accompagne la cicatrisation. Privilégier les références certifiées biologiques. Conserver au réfrigérateur pour un effet rafraîchissant supplémentaire.
Huiles essentielles : prudence absolue
Les huiles essentielles sont contre-indiquées chez l’enfant de moins de 6 ans, la femme enceinte ou allaitante, et les personnes asthmatiques ou allergiques. Chez l’adulte, certaines huiles essentielles très diluées (camomille romaine, lavande vraie) peuvent être utilisées uniquement après avis pharmacien et toujours diluées à 1 % dans une huile végétale. Ne jamais les appliquer pures sur une peau eczémateuse.
Alimentation et hydratation
Aucun régime universel n’est recommandé. Quelques principes consensuels :
- Boire suffisamment d’eau (1,5 litre par jour pour un adulte).
- Privilégier les aliments riches en oméga-3 : poissons gras (sardines, maquereau, saumon), huile de colza, noix.
- Limiter les ultra-transformés, riches en additifs et en sucres rapides, qui entretiennent l’inflammation de bas grade.
- Ne pas exclure de groupes alimentaires (lait, gluten) sans bilan allergologique préalable, sous peine de carences.
Gestion du stress
Le stress est un déclencheur reconnu des poussées d’eczéma. Sophrologie, méditation de pleine conscience, cohérence cardiaque ou yoga peuvent aider à réduire la fréquence et l’intensité des crises. Une prise en charge psychologique est utile lorsque la maladie retentit sur l’estime de soi ou la vie sociale.
Erreurs à éviter pendant une poussée
- Bains trop chauds ou prolongés.
- Savons parfumés, gels douche moussants classiques.
- Gants de toilette ou éponges abrasives.
- Vêtements en laine ou en synthétique au contact direct de la peau.
- Frottement avec une serviette : préférer le tamponnement.
- Grattage : aggrave les lésions et favorise la surinfection. Couper les ongles courts.
- Arrêter prématurément les dermocorticoïdes dès amélioration : risque de rechute rapide.
FAQ – Eczéma atopique : vos questions fréquentes
L’eczéma est-il contagieux ?
Non, l’eczéma n’est pas contagieux. Aucune forme d’eczéma, y compris la dermatite atopique, ne se transmet par contact physique. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique liée à une prédisposition génétique et à un défaut de la barrière cutanée, et non à un agent infectieux (source : Ameli.fr).
Quelle différence entre eczéma et dermatite atopique ?
Les deux termes désignent la même affection lorsqu’on parle de dermatite atopique, aussi appelée eczéma atopique. Le terme « eczéma » est en réalité générique et englobe plusieurs formes : la dermatite atopique est la plus fréquente, mais il existe aussi l’eczéma de contact, la dyshidrose, l’eczéma nummulaire ou la dermatite séborrhéique.
L’eczéma disparaît-il avec l’âge ?
Oui dans une majorité de cas. Selon l’Inserm, environ 50 % des eczémas atopiques disparaissent avant l’âge de 5 ans. 10 à 15 % des cas persistent à l’âge adulte. La peau reste souvent sensible et sèche, et des rechutes peuvent survenir lors d’épisodes de stress ou en période hivernale.
Quel lien entre eczéma et asthme ?
L’eczéma atopique fait partie du « terrain atopique », qui associe chez certaines personnes eczéma, asthme et rhinite allergique. Environ 30 % des nourrissons atteints de dermatite atopique développent un asthme vers l’âge de 2 ans. Cette progression entre plusieurs manifestations allergiques est appelée « marche atopique ».
Comment différencier eczéma et psoriasis ?
L’eczéma provoque des démangeaisons très intenses, des rougeurs diffuses et une peau qui suinte parfois. Le psoriasis forme plutôt des plaques épaisses, bien délimitées, recouvertes de squames blanches et argentées, avec moins de démangeaisons. Les localisations diffèrent aussi : l’eczéma touche surtout les plis, le psoriasis les zones d’appui (coudes, genoux, cuir chevelu). Seul un médecin peut confirmer le diagnostic.
Peut-on prévenir les poussées d’eczéma ?
Oui, en grande partie. Les mesures efficaces sont : hydrater la peau quotidiennement avec un émollient, éviter les savons détergents et les bains trop chauds, identifier et écarter ses propres déclencheurs (stress, allergènes, textiles irritants), maintenir une humidité suffisante à la maison et suivre rigoureusement le traitement prescrit.
Quand consulter un médecin pour un eczéma ?
Une consultation médicale est recommandée dès que les lésions s’étendent, deviennent très inflammatoires, suintent ou entraînent une gêne importante (sommeil, vie quotidienne). Un avis dermatologique est nécessaire en cas d’échec des soins d’hydratation, d’infection surajoutée ou pour adapter un traitement au long cours, en particulier chez l’enfant.
AJOUTS À LA FAQ EXISTANTE –>Les dermocorticoïdes sont-ils dangereux à long terme ?
Utilisés correctement (classe adaptée à la zone et à l’âge, durée limitée à la poussée, application en couche fine), les dermocorticoïdes sont sûrs, y compris chez le nourrisson. Les effets indésirables (atrophie cutanée, vergetures) ne surviennent qu’en cas d’usage prolongé inapproprié, surtout sur peau fine. La cortico-phobie reste, selon la HAS, une cause majeure de sous-traitement et de poussées prolongées.
L’eczéma de bébé est-il forcément allergique ?
Non. Une allergie alimentaire authentique n’est en cause que dans une minorité de cas (10 à 30 % des eczémas sévères du nourrisson). La dermatite atopique du bébé résulte le plus souvent d’une fragilité génétique de la barrière cutanée et non d’une allergie. Tout régime d’éviction doit être validé par un allergologue ou un pédiatre.
Qu’est-ce que le dupilumab et qui peut en bénéficier ?
Le dupilumab est une biothérapie injectable qui cible deux molécules clés de l’inflammation atopique (interleukines 4 et 13). Selon l’ANSM, il est indiqué dans les formes modérées à sévères de l’adulte et de l’enfant à partir de 6 mois, en cas d’échec ou de contre-indication aux traitements conventionnels. La prescription est réservée aux dermatologues et pédiatres hospitaliers.
Sources et références
À consulter également
- Ameli.fr – Eczéma ou dermatite atopique : causes, symptômes et évolution
- Inserm – Dermatite atopique (eczéma atopique)
- Manuels MSD – Dermatite atopique (eczéma)
- Fondation Eczéma Pierre Fabre – Comprendre la dermatite atopique
Sources institutionnelles complémentaires pour cet article :


