Information médicale : cet article est rédigé à titre informatif et ne remplace pas un avis médical. En cas de symptômes persistants, d’extension de la lésion ou de doute sur le diagnostic, consultez votre médecin ou votre pharmacien.
L’essentiel à retenir
- Une mycose de la peau est une infection provoquée par des champignons microscopiques : dermatophytes, Candida ou Malassezia selon la forme clinique.
- Les formes les plus fréquentes sont le pied d’athlète, l’herpès circiné, la candidose des plis et le pityriasis versicolor.
- La plupart des mycoses cutanées superficielles se traitent avec un antifongique topique disponible sans ordonnance en pharmacie.
- La durée du traitement est souvent plus longue que prévu : un arrêt prématuré est la principale cause de rechute.
- Mesures d’hygiène et séchage soigneux de la peau sont indispensables pour éviter les récidives.
À la pharmacie, les mycoses de la peau font partie des demandes de conseil les plus courantes : une rougeur en anneau sur le bras, une peau qui pèle entre les orteils, des plaques claires sur le dos qui résistent au bronzage. Ces infections fongiques sont bénignes dans la grande majorité des cas, mais elles nécessitent un traitement adapté car elles ne guérissent pas spontanément. En France, selon les données disponibles, on estime que les dermatophytoses cutanées touchent environ 20 à 25 % de la population à un moment ou un autre de la vie, d’après les épidémiologies publiées par Ameli.fr.
Qu’est-ce qu’une mycose de la peau ?
Une mycose cutanée est une infection de la peau provoquée par des champignons microscopiques. On distingue trois grandes familles de champignons responsables de mycoses cutanées :
- Les dermatophytes : champignons kératinophiles qui envahissent les couches superficielles de la peau, les poils et les ongles. Ils sont responsables des teignes, du pied d’athlète, de l’herpès circiné et des onychomycoses (mycoses des ongles).
- Les levures du genre Candida : opportunistes, elles colonisent les zones de macération, notamment les plis cutanés (inguinaux, sous-mammaires, interdigitaux). On parle alors de candidose cutanée.
- Malassezia furfur : levure lipophile responsable du pityriasis versicolor, reconnaissable à ses taches décolorées sur le tronc.
Ces champignons prolifèrent dans des conditions bien précises : chaleur, humidité, peau macérée, système immunitaire affaibli ou traitement antibiotique prolongé qui déséquilibre la flore cutanée normale. C’est pourquoi les mycoses cutanées sont plus fréquentes en été, dans les piscines et vestiaires collectifs, ou chez les personnes diabétiques ou sous immunosuppresseurs.
Les principales formes de mycose cutanée
Les dermatophytoses
Les dermatophytoses représentent la forme la plus répandue de mycose cutanée. Elles comprennent plusieurs tableaux cliniques distincts selon la localisation.
Le pied d’athlète (tinea pedis) est la dermatophytose la plus fréquente en France. Il se manifeste par des lésions entre les orteils (surtout entre le 4e et le 5e), avec desquamation, fissures et odeur caractéristique. La contamination se fait souvent au contact de surfaces mouillées (piscines, vestiaires, douches collectives).
L’herpès circiné (tinea corporis) se présente comme une plaque rouge arrondie, bien délimitée, avec des bords actifs légèrement surélevés et un centre qui tend à se clarifier. Il touche généralement le tronc, les membres ou le visage. Très reconnaissable, il est parfois confondu avec de l’eczéma ou du psoriasis.
La teigne de la tête (tinea capitis) touche principalement les enfants et provoque des plaques de calvitie squameuses. Elle est très contagieuse et nécessite un traitement antifongique oral.
Pour l’atteinte des ongles, consultez notre article dédié à la mycose de l’ongle du pied, une forme particulièrement tenace qui impose un traitement prolongé.
La candidose cutanée des plis
La candidose cutanée est due à des levures du genre Candida, le plus souvent Candida albicans. Elle atteint préférentiellement les zones de macération : plis inguinaux, plis sous-mammaires, ombilic, espace entre les doigts (intertrigo). Elle se traduit par des rougeurs vives, parfois des vésicules ou des pustules en périphérie, avec des bords nettement délimités et une atteinte des deux faces du pli.
Les personnes diabétiques, en surpoids ou sous traitement immunosuppresseur sont plus vulnérables. Notre article sur la candidose cutanée détaille les symptômes et les moyens de la différencier des autres mycoses.
Le pityriasis versicolor
Le pityriasis versicolor est causé par la levure Malassezia furfur, présente naturellement sur la peau mais qui peut proliférer de façon excessive en été ou chez certaines personnes. Il se caractérise par des petites taches squameuses, décolorées (hypopigmentées) ou légèrement rosées sur un fond de peau bronzée, typiquement dans le dos, la poitrine et les épaules. Ces taches sont plus visibles en été car elles ne bronzent pas.
Il ne démange pas ou peu. Il est bénin mais récidive souvent car la levure est commensale (toujours présente) : le traitement guérit les lésions mais ne la fait pas disparaître durablement. Des traitements préventifs saisonniers existent.

Comment reconnaître une mycose de la peau ?
Les symptômes varient selon la forme, mais plusieurs signes doivent attirer l’attention selon Ameli.fr :
- Une plaque ou tache rouge, à bords nets, parfois en anneau (herpès circiné)
- Une peau qui desquame, forme des squames ou se décolle en lambeaux
- Des démangeaisons (prurit), souvent modérées à intenses
- Une macération entre les orteils, avec fissures et odeur (pied d’athlète)
- Des taches décolorées sur le tronc après exposition solaire (pityriasis versicolor)
- Un rougeur dans un pli cutané, avec limite nette et possible suintement (candidose)
La mycose de la peau peut parfois être confondue avec d’autres dermatoses comme l’eczéma, le psoriasis ou le vitiligo. La distinction est importante car les traitements sont différents. En cas de doute, le pharmacien peut souvent orienter, mais un médecin ou dermatologue peut faire un prélèvement (examen mycologique) pour confirmer le diagnostic.
Antifongiques : quelles options en pharmacie ?
Antifongiques topiques disponibles sans ordonnance
La plupart des mycoses cutanées superficielles se traitent par des antifongiques topiques (crèmes, gels, poudres, sprays) disponibles sans ordonnance en pharmacie. Deux familles principales sont disponibles en OTC :
- Les imidazolés (éconazole, kétoconazole, bifonazole, clotrimazole, miconazole) : antifongiques à large spectre, actifs contre dermatophytes, Candida et Malassezia. Forme crème à appliquer 1 ou 2 fois par jour selon le produit.
- La terbinafine (allylamines) : fongicide, particulièrement efficace contre les dermatophytes. Disponible en crème ou gel, souvent à raison d’une application par jour. Durée de traitement souvent plus courte qu’avec les imidazolés.
- Le bifonazole en crème à 1 % : actif 24 heures, s’utilise une fois par jour.
Pour comparer les formulations et choisir la crème adaptée à votre situation, notre dossier sur les crèmes pour mycose détaille les actifs, les galéniques et les prix indicatifs.
Règles d’application et durée
L’application d’un antifongique topique doit respecter quelques règles importantes pour éviter les rechutes :
- Appliquer sur peau propre et séchée : la macération réduit l’efficacité du traitement.
- Traiter une zone plus large que la lésion visible : les champignons colonisent souvent au-delà des bords visibles.
- Respecter la durée complète du traitement, même si les symptômes disparaissent avant la fin. Un arrêt prématuré est la principale cause de rechute. Selon le produit et la localisation, la durée varie de 1 à 4 semaines.
- Pour le pied d’athlète, traiter en même temps la chaussure avec une poudre ou un spray antifongique.
Quand consulter un médecin ?
Le recours au médecin est nécessaire dans plusieurs situations :
- Absence d’amélioration après 2 à 3 semaines de traitement topique bien conduit
- Extension rapide ou récidive fréquente (au-delà de 2 épisodes par an)
- Teigne du cuir chevelu chez l’enfant (nécessite un traitement antifongique oral)
- Mycose des ongles (onychomycose : traitement long, parfois oral)
- Atteinte étendue, atteinte du visage, ou lésions suintantes infectées
- Personne diabétique ou immunodéprimée, chez qui l’infection peut se compliquer

Durée de traitement et prévention des rechutes
La durée du traitement antifongique varie selon la forme de mycose et le produit utilisé. À titre indicatif :
- Herpès circiné, pityriasis versicolor : 2 à 4 semaines avec un antifongique topique
- Pied d’athlète : 1 à 4 semaines selon la formulation (terbinafine : souvent 1 semaine)
- Candidose des plis : 2 à 4 semaines, avec mesures anti-macération associées
- Onychomycose (ongles) : plusieurs mois, parfois traitement oral nécessaire
La rechute est fréquente, en particulier pour le pied d’athlète et le pityriasis versicolor. Elle s’explique par une réinfection depuis l’environnement (chaussures, sol, linge) ou par la persistance de facteurs favorisants (transpiration excessive, diabète, traitement immunosuppresseur). Pour prévenir les récidives :
- Sécher soigneusement la peau après la douche, notamment entre les orteils et dans les plis
- Changer de chaussettes chaque jour, préférer des matières respirantes (coton, laine)
- Ne pas marcher pieds nus dans les zones à risque (piscines, vestiaires, salles de sport)
- Ne pas partager le linge de toilette
- Laver le linge en contact avec les lésions à 60 °C minimum
Pour le pityriasis versicolor, un traitement préventif saisonnier en début d’été (shampoing antifongique appliqué sur le corps, une fois par semaine pendant 1 mois) peut réduire les récidives chez les personnes sujettes à la rechute.
Les mycoses de la peau dans des situations particulières
Certaines populations présentent un risque accru ou une présentation clinique différente :
Personnes diabétiques : une glycémie élevée favorise la croissance des champignons, en particulier Candida. Les candidoses cutanées des plis sont plus fréquentes et récidivantes. Le contrôle glycémique est indissociable du traitement antifongique.
Nourrissons et jeunes enfants : la dermite des couches est souvent compliquée d’une surinfection à Candida, reconnaissable à une rougeur intense à bords nets s’étendant sur les fesses et les plis de l’aine. Elle bénéficie d’un antifongique topique associé à une crème protectrice.
Personnes immunodéprimées : mycoses plus étendues, à évolution rapide, parfois atypiques. Un traitement oral est plus souvent nécessaire.
Sportifs : pied d’athlète et intertrigo interdigital sont particulièrement fréquents chez les personnes pratiquant des sports collectifs ou fréquentant des douches communes. Des précautions simples (port de tongs, séchage soigneux) suffisent à réduire le risque.
Si vous souffrez d’une mycose de la bouche (candidose buccale), consultez notre article dédié à la mycose buccale : les agents et les traitements diffèrent de la forme cutanée.

Questions fréquentes sur les mycoses de la peau
Est-ce que la mycose de la peau est contagieuse ?
Oui, certaines mycoses cutanées sont contagieuses : les dermatophytoses (pied d’athlète, herpès circiné, teigne) se transmettent par contact direct avec une personne infectée, ou indirectement par le sol, le linge, les vêtements ou les surfaces humides. En revanche, la candidose cutanée et le pityriasis versicolor ne se transmettent pas de personne à personne dans les conditions normales de vie.
Peut-on traiter une mycose de la peau sans ordonnance ?
Oui, la plupart des mycoses cutanées superficielles (pied d’athlète, herpès circiné, pityriasis versicolor, candidose des plis) peuvent être traitées avec un antifongique topique disponible sans ordonnance en pharmacie. Votre pharmacien peut vous orienter vers le produit adapté à votre localisation et à vos symptômes. Une ordonnance devient nécessaire en cas d’atteinte des ongles, de teigne du cuir chevelu chez l’enfant, ou en cas d’échec du traitement local.
Combien de temps faut-il pour guérir une mycose cutanée ?
La guérison visible (disparition des symptômes) survient généralement en 1 à 2 semaines, mais le traitement doit être poursuivi jusqu’à sa fin, soit 1 à 4 semaines selon la forme et le produit. Un arrêt prématuré, dès la disparition des démangeaisons, est la principale cause de rechute : des champignons viables subsistent dans la peau même quand les symptômes ont disparu.
Quelle est la différence entre une mycose et de l’eczéma ?
Les deux peuvent provoquer des rougeurs et des démangeaisons, ce qui les rend parfois difficiles à distinguer à l’oeil nu. Quelques indices : l’eczéma présente souvent des bords moins nets et une peau plus sèche, souvent sans extension centrifuge. La mycose forme typiquement un anneau à bords actifs légèrement surélevés (herpès circiné). Surtout, l’eczéma ne répond pas aux antifongiques, mais à la cortisone. Attention : appliquer de la cortisone sur une mycose peut l’aggraver et la masquer. En cas de doute, consultez.
Comment éviter les rechutes de mycose cutanée ?
La prévention repose sur l’élimination des facteurs favorisants : sécher soigneusement la peau après la douche (en particulier entre les orteils et dans les plis), changer de chaussettes quotidiennement, ne pas marcher pieds nus dans les lieux collectifs humides, laver le linge à 60 °C, ne pas partager les serviettes. Pour le pityriasis versicolor, un traitement préventif annuel avant l’été peut être proposé par le médecin en cas de récidives répétées.
Les mycoses cutanées ont souvent mauvaise réputation car elles récidivent, mais la plupart se maîtrisent bien avec le bon traitement, appliqué assez longtemps. Ce qui change le rapport à ces infections, c’est surtout de comprendre pourquoi elles reviennent : souvent un traitement arrêté trop tôt, une chaussure non traitée, ou une habitude de vie qui entretient la macération. Une conversation de deux minutes avec votre pharmacien permet souvent d’identifier le maillon faible et d’ajuster la stratégie avant la prochaine rechute.


