Vulve gonflée, les causes possibles et quand consulter

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Information santé. Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale. Un gonflement de la vulve qui persiste, s’aggrave ou s’accompagne d’une lésion, de fièvre ou de saignements doit être montré à un médecin, seul habilité à poser un diagnostic.

L’essentiel à retenir

  • Un gonflement de la vulve est le plus souvent bénin (irritation, mycose, kyste) et s’atténue en quelques jours.
  • Les causes fréquentes sont la mycose vulvovaginale, le kyste ou l’abcès de la glande de Bartholin, une irritation ou une réaction allergique.
  • Certains signes doivent alerter : boule persistante, plaie qui ne cicatrise pas, peau épaissie, saignements inexpliqués, fièvre.
  • En cas de doute ou de symptôme qui dure, un examen gynécologique permet d’identifier la cause et d’écarter les situations plus rares.

Article rédigé en collaboration avec le Dr Muriel Botti

Oncologue radiothérapeute, Institut de Cancérologie Paris Nord

Cet article a été rédigé avec son concours à l’Institut de Cancérologie Paris Nord. Spécialiste de la prise en charge des cancers, elle rappelle l’importance d’un examen gynécologique devant toute modification persistante de la vulve.

Le gonflement de la vulve est le plus souvent lié à une cause bénigne et s’atténue généralement en quelques jours, notamment lorsqu’il est provoqué par une irritation passagère. Dans certaines situations plus rares, il peut toutefois nécessiter un avis médical sans attendre. Il est donc utile d’en connaître les principales causes et les signes qui doivent conduire à consulter.

Un symptôme aux origines variées

Le gonflement de la vulve peut avoir des causes très différentes. Il peut concerner toute la zone ou seulement un côté, être douloureux ou indolore, et s’accompagner de démangeaisons, de pertes inhabituelles, de rougeurs ou de fièvre.

La plupart du temps, il s’agit d’une réaction locale à une irritation, d’une infection ou d’un kyste. Plus rarement, une modification persistante de la vulve peut révéler une pathologie nécessitant une prise en charge spécifique.

Comme le rappelle le Dr Muriel Botti, oncologue-radiothérapeute à l’Institut de Cancérologie Paris Nord, l’évolution du symptôme est un élément essentiel. Un gonflement qui persiste, s’aggrave ou s’accompagne d’une lésion visible ne doit pas être traité durablement sans examen médical.

La mycose vulvovaginale, une cause fréquente

La mycose vulvovaginale, ou candidose, est une cause fréquente d’inflammation de la vulve et du vagin. Elle se manifeste généralement par des démangeaisons importantes, des rougeurs, une sensation de brûlure et des pertes blanches épaisses pouvant évoquer du lait caillé. La vulve peut alors devenir sensible et gonfler sous l’effet de l’inflammation.

Un traitement antifongique disponible sans ordonnance peut être envisagé lorsqu’une femme a déjà présenté une mycose diagnostiquée et qu’elle reconnaît des symptômes identiques. Un premier épisode, des symptômes inhabituels, des récidives fréquentes ou l’absence d’amélioration après le traitement doivent en revanche conduire à consulter.

Le kyste de la glande de Bartholin

Les glandes de Bartholin sont situées de chaque côté de l’entrée du vagin et participent à sa lubrification. Lorsque le canal d’une glande se bouche, du liquide peut s’accumuler et former un kyste, généralement visible sous la forme d’une boule située sur un seul côté de la vulve.

Un petit kyste peut rester indolore et ne provoquer qu’une légère asymétrie. Lorsqu’il grossit ou s’infecte, il peut devenir très douloureux, gêner la marche ou la position assise et parfois s’accompagner de fièvre. On parle alors d’abcès de la glande de Bartholin.

Une masse douloureuse, persistante ou accompagnée de fièvre doit être examinée, car un drainage peut être nécessaire. Chez une femme de plus de 40 ans ou après la ménopause, l’apparition d’une nouvelle masse dans cette zone justifie également une consultation, même lorsqu’elle est peu douloureuse.

Irritations et réactions allergiques

La peau de la vulve est particulièrement sensible aux frottements, au rasage, aux vêtements serrés, aux sous-vêtements synthétiques et aux produits parfumés utilisés pour la toilette intime.

Ces agressions peuvent provoquer une inflammation locale, avec un gonflement, des rougeurs, des démangeaisons ou une sensation de brûlure. Une réaction de contact à un savon, un déodorant intime, un protège-slip parfumé, une lessive ou un préservatif peut entraîner des symptômes similaires.

Dans ce cas, l’arrêt du produit ou du geste irritant permet généralement une amélioration progressive. Pour limiter les irritations, il est recommandé d’utiliser un produit doux et non parfumé pour la toilette externe.

Causes fréquentes de vulve gonflée : symptômes et conduite à tenir

Cause Symptômes associés Localisation Consultation nécessaire
Mycose vaginale Démangeaisons, pertes blanches épaisses, brûlures Toute la vulve Si 1er épisode ou symptômes inhabituels
Kyste de Bartholin Boule sur une lèvre, parfois douloureux Unilatérale Si douleur, rougeur étendue ou fièvre
Abcès de Bartholin Douleur marquée, rougeur, fièvre Unilatérale Consultation rapide, drainage possible
Irritation locale Rougeur, brûlure, gonflement léger Variable Si persistance après arrêt du produit
Réaction allergique Rougeur, brûlure, gonflement Toute la vulve Si les symptômes ne cèdent pas en quelques jours

Les signes qui doivent alerter

Certains symptômes ne doivent pas être attribués trop rapidement à une simple irritation. Une consultation est notamment recommandée en présence :

  • d’une boule ou d’un gonflement persistant ;
  • d’une plaie ou d’une ulcération qui ne cicatrise pas ;
  • d’une zone de peau épaissie, surélevée ou dont la couleur change ;
  • de démangeaisons qui persistent malgré un traitement adapté ;
  • de saignements sans cause clairement identifiée ;
  • d’une douleur, d’une rougeur importante ou de fièvre.

Ces signes ont le plus souvent une origine bénigne, mais seul un examen permet d’en déterminer la cause. Ils font également partie des manifestations possibles du cancer de la vulve, qui reste une maladie rare et concerne plus souvent les femmes de plus de 65 ans, sans être exclusivement limité à cette tranche d’âge.

Le Dr Muriel Botti souligne que la persistance d’une modification inhabituelle de la vulve doit conduire à un examen gynécologique. En oncologie, identifier une lésion à un stade précoce permet généralement une prise en charge moins étendue et offre un meilleur pronostic.

Que faire en cas de doute ?

Face à une vulve gonflée, il est possible d’observer son évolution sur une courte période lorsqu’une irritation récente paraît clairement en cause et qu’aucun signe inquiétant n’est présent. Il convient alors d’éviter les produits parfumés, les frottements et les traitements répétés sans diagnostic.

Une consultation est nécessaire si le gonflement persiste, s’aggrave, revient régulièrement ou s’accompagne de douleur importante, de fièvre, de pertes inhabituelles, de saignements ou d’une lésion visible. Des brûlures au moment d’uriner orientent davantage vers une infection urinaire que vers une atteinte de la vulve, et relèvent d’une prise en charge différente.

L’examen gynécologique permet le plus souvent d’identifier une cause bénigne et de proposer un traitement adapté. Il permet aussi de repérer les situations plus rares nécessitant des examens complémentaires. En cas de doute, mieux vaut en parler à un médecin, un gynécologue ou une sage-femme plutôt que de multiplier les traitements en automédication.

Sources

  1. Omole F, Kelsey RC, Phillips K et al. « Bartholin Duct Cyst and Gland Abscess: Office Management. » Am Fam Physician. 2019. 99(12):760-766. PubMed PMID:31194482
  2. Amankwah Y, Haefner H. « Vulvar edema. » Dermatol Clin. 2010. 28(4):765-77. PubMed PMID:20883919
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