- Pour faciliter l’endormissement : 1 à 2 mg, pris 30 à 60 minutes avant le coucher.
- Pour le décalage horaire (jet-lag) : 0,5 à 1 mg dès le premier soir à destination.
- L’ANSES fixe à 2 mg par jour le plafond autorisé pour les compléments alimentaires.
- La mélatonine en complément est en libre accès ; le médicament Circadin (2 mg) nécessite une ordonnance.
- Certaines personnes répondent à 0,5 mg : commencer toujours par la dose la plus faible.
La mélatonine est souvent présentée comme un remède simple contre les nuits agitées. Pourtant, en officine, c’est l’une des questions qui revient le plus souvent : « je prends combien de mg, exactement ? » Les étiquettes varient de 0,5 à 1,9 mg selon les marques, et les conseils avec elles. Pour un adulte en bonne santé, la dose optimale n’est pas la même selon qu’on cherche à s’endormir plus tôt, à corriger un décalage horaire ou à gérer des réveils nocturnes. Ce guide fait le point sur les recommandations officielles et les repères pratiques que votre pharmacien peut vous donner au comptoir.
Mélatonine naturelle ou en complément : deux statuts à connaître
La mélatonine est une hormone naturellement produite par la glande pinéale, dans le cerveau. Sa sécrétion augmente en début de soirée, quand la lumière diminue, et atteint un pic entre 2 et 4 heures du matin. Elle joue un rôle central dans la régulation du cycle veille-sommeil, c’est-à-dire le rythme circadien.
Quand on parle de mélatonine en pharmacie, deux types de produits coexistent. Les compléments alimentaires contiennent au maximum 1,9 mg par prise et se vendent librement. La réglementation française, alignée sur les avis de l’ANSES et de l’EFSA, autorise un apport journalier maximum de 2 mg. Ces produits se déclinent en comprimés, gélules, gommes ou sprays sublinguaux. Les médicaments à base de mélatonine, comme le Circadin (2 mg à libération prolongée) ou le Slenyto (usage pédiatrique), sont eux soumis à ordonnance. Ils font l’objet d’une évaluation clinique par l’Agence européenne du médicament (EMA) et répondent à des indications précises.
Cette distinction est importante : un médicament bénéficie d’une posologie rigoureusement validée, tandis qu’un complément alimentaire ne revendique pas d’effet thérapeutique au sens strict. En pratique, cela signifie que les indications du complément sont plus larges, mais aussi moins encadrées.
Quel dosage de mélatonine selon votre cas ?
Il n’existe pas de dose universelle. Le dosage conseillé varie selon l’indication, la sensibilité individuelle et la forme choisie. Voici les repères les plus souvent communiqués en officine, d’après les données de Vidal.

| Indication | Dose indicative | Timing | Forme conseillée |
|---|---|---|---|
| Difficultés d’endormissement | 1 à 2 mg | 30 à 60 min avant le coucher | Libération immédiate |
| Réveils nocturnes, sommeil fragmenté | 1 à 2 mg | 30 à 60 min avant le coucher | Libération prolongée |
| Décalage horaire (jet-lag) | 0,5 à 1 mg | Premier soir à destination, à l’heure locale de coucher | Libération immédiate |
| Retard de phase (décalage du rythme naturel) | 0,5 à 2 mg | 5 à 6 heures avant l’heure de coucher souhaitée | Libération immédiate, avis médical recommandé |
Au comptoir, le conseil revient presque à chaque délivrance : commencer par la dose la plus faible (0,5 à 1 mg) et observer la réponse pendant cinq à sept jours avant d’ajuster. En pratique, certains adultes obtiennent un effet suffisant avec 0,5 mg, ce qui évite une exposition inutile à des doses plus élevées. Ce point est rarement mis en avant sur les emballages, alors qu’il correspond exactement à la logique d’une prescription médicale classique.
Pour le jet-lag, une dose de 0,5 mg peut suffire sur les décalages modérés. L’EFSA, dans son avis de 2012 repris par la Commission européenne, a reconnu deux allégations autorisées pour la mélatonine : la réduction du temps d’endormissement (à partir de 1 mg) et l’atténuation des effets du décalage horaire (à partir de 0,5 mg).
Dose maximale : les recommandations officielles
La réglementation française, sur la base des avis de l’ANSES, fixe à 2 mg par jour le plafond pour les compléments alimentaires contenant de la mélatonine. Au-delà de ce seuil, le produit entre dans la catégorie médicament et ne peut être commercialisé en libre accès.
Concrètement, les compléments disponibles en pharmacie affichent des doses de 1 mg, 1,9 mg ou 1,99 mg, toutes dans la marge réglementaire. Des produits importés de pays anglophones peuvent contenir 5 mg, 10 mg ou plus ; leur commercialisation en France est encadrée, même si certains circulent via des circuits parallèles.
Que se passe-t-il en cas de prise accidentelle d’une dose supérieure ? À ce jour, aucune toxicité grave n’a été identifiée à court terme pour des doses modérément supérieures aux recommandations. Les effets les plus fréquemment rapportés sont une somnolence diurne marquée, des maux de tête et, parfois, une sorte de gueule de bois légère le lendemain matin. En revanche, une utilisation prolongée à doses élevées peut affecter la production naturelle de l’hormone, en particulier chez les adultes jeunes.
Précautions, contre-indications et interactions médicamenteuses
La mélatonine est bien tolérée à court terme pour la grande majorité des adultes en bonne santé. Mais elle n’est pas anodine pour tout le monde. L’ANSES identifie plusieurs groupes pour lesquels la vigilance s’impose :
- Femmes enceintes et allaitantes (données insuffisantes sur les effets pour le fœtus et le nourrisson)
- Enfants et adolescents (sauf dans le cadre d’un suivi médical spécialisé)
- Personnes souffrant d’épilepsie, de maladies auto-immunes ou inflammatoires
- Personnes asthmatiques ou présentant des troubles de l’humeur ou du comportement
- Conducteurs et opérateurs de machines, notamment le lendemain d’une prise à libération prolongée

Les interactions médicamenteuses méritent une attention particulière. La plus documentée concerne la fluvoxamine, un antidépresseur de la classe des ISRS : en bloquant l’enzyme CYP1A2, elle peut multiplier par dix le taux sanguin de mélatonine et provoquer une sédation excessive. Les anticoagulants de type warfarine peuvent également voir leurs effets amplifiés en association avec la mélatonine. D’autres interactions ont été signalées avec les antidiabétiques oraux, les immunosuppresseurs et certains antihypertenseurs.
C’est précisément la première question qu’un pharmacien posera avant de délivrer un complément de mélatonine : « prenez-vous d’autres médicaments en ce moment ? » Si la réponse est oui, une vérification des interactions s’impose. Même vendu librement, un complément alimentaire peut modifier l’équilibre d’un traitement chronique. L’automédication a ses limites, y compris pour des produits considérés comme « naturels ».
Sur la durée, la mélatonine est recommandée à court terme, de deux à quatre semaines en général. Si les troubles du sommeil persistent au-delà, une consultation médicale permet d’identifier une cause sous-jacente, qu’il s’agisse d’apnée du sommeil, de stress et insomnie, ou d’un retard de phase. Un complément alimentaire seul ne résoudra pas un trouble structurel du sommeil.
La mélatonine reste l’une des substances les mieux documentées parmi les compléments du sommeil, mais son efficacité repose sur un usage précis : bonne dose, bon moment, bonne indication. Pour retrouver le sommeil durablement, elle s’intègre souvent dans une approche plus large intégrant hygiène de sommeil et, si besoin, un accompagnement médical. Ce n’est pas un somnifère, et son action se distingue clairement de celle des benzodiazépines : elle agit sur l’horloge interne, pas sur la profondeur du sommeil à proprement parler. Pour choisir la dose adaptée à votre situation, votre pharmacien reste votre premier interlocuteur.
Questions fréquentes sur le dosage de la mélatonine
Combien de mg de mélatonine par nuit pour un adulte ?
Pour un adulte, la dose habituelle se situe entre 1 et 2 mg par nuit, prise 30 à 60 minutes avant le coucher. Pour le décalage horaire, 0,5 mg peut suffire. L’ANSES recommande de ne pas dépasser 2 mg par jour pour les compléments alimentaires. Il est conseillé de commencer par la dose la plus faible.
Peut-on prendre de la mélatonine tous les soirs ?
La mélatonine est recommandée à court terme, en général deux à quatre semaines. Une utilisation prolongée sans suivi médical n’est pas conseillée : elle peut interférer avec la production naturelle de l’hormone et ne traite pas la cause des troubles du sommeil. En cas d’insomnie persistante, une consultation médicale est préférable.
La mélatonine à 5 mg est-elle sans danger pour un adulte ?
Des doses de 5 mg dépassent le plafond réglementaire français de 2 mg pour les compléments alimentaires. Elles ne sont pas nécessairement dangereuses à court terme, mais n’apportent pas de bénéfice supplémentaire démontré et exposent à davantage d’effets indésirables : somnolence diurne, céphalées, vertiges. Ces doses doivent être évitées sans prescription et suivi médical.
Quelle différence entre mélatonine à libération immédiate et à libération prolongée ?
La mélatonine à libération immédiate agit rapidement (30 à 60 minutes) et convient surtout aux difficultés d’endormissement. La libération prolongée diffuse l’hormone sur plusieurs heures, ce qui peut aider en cas de réveils nocturnes. Elle est aussi plus susceptible d’entraîner une somnolence résiduelle le lendemain matin, notamment pour les conducteurs.
La mélatonine peut-elle interagir avec d’autres médicaments ?
Oui. Les interactions les plus importantes concernent la fluvoxamine (antidépresseur), les anticoagulants, les antidiabétiques oraux et certains immunosuppresseurs. Si vous prenez un traitement chronique, demandez toujours l’avis de votre pharmacien avant de démarrer une prise de mélatonine ou d’autres compléments du sommeil comme la valériane.


