La culotte menstruelle est remboursée en pharmacie depuis le 1er octobre 2026, sans ordonnance, pour deux publics et dans un cadre précis.
- Pour qui : les moins de 26 ans (60 %) et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (100 %).
- Où : en pharmacie uniquement, jamais en ligne ni en grande surface.
- Combien : prix plafonné à 19 € la culotte, 15,80 € la coupe, dans la limite de 2 produits par an.
- Quoi : seuls les produits inscrits sur la liste officielle, soit 8 références à ce jour.
- Comment : carte Vitale au comptoir et tiers payant, sans démarche compliquée.
Comment ça se passe concrètement au comptoir
Se faire rembourser une culotte menstruelle en pharmacie tient en trois gestes : vous demandez un modèle référencé, vous présentez votre carte Vitale, le pharmacien applique le remboursement. Pas de rendez-vous, pas d’ordonnance, pas de dossier à monter.
Derrière cette simplicité, il y a une mesure de santé publique pensée contre la précarité menstruelle, c’est-à-dire la difficulté à s’équiper en protections faute de moyens. Le principe a été voté fin 2023, puis précisé par décret et par arrêté, avant de devenir vraiment effectif le 1er octobre 2026. Voici les grandes étapes.
| Date | Étape |
|---|---|
| 26 décembre 2023 | La loi de financement de la Sécurité sociale pose le principe du remboursement. |
| 17 avril 2026 | Le décret n° 2026-288 fixe les modalités. |
| 6 août 2026 | L’arrêté arrête les prix plafonds et les critères techniques des produits. |
| 1er octobre 2026 | Le remboursement devient effectif dans les pharmacies. |
Autrement dit, ce que votre pharmacie peut vous délivrer aujourd’hui est le résultat de près de trois ans de cadrage réglementaire. Rien d’étonnant, donc, à ce que les règles du jeu soient aussi précises.

Le parcours en pharmacie, étape par étape
Le parcours de remboursement est entièrement géré en officine, sans intermédiaire. Voici comment il se déroule, du point de vue de la personne qui vient s’équiper.
- Vérifier son éligibilité : avoir moins de 26 ans, sans condition de revenus, ou bénéficier de la Complémentaire santé solidaire (la C2S, l’aide qui couvre les frais de santé des foyers modestes), à tout âge.
- Aller en pharmacie : c’est le seul circuit remboursé. Vous demandez au comptoir une culotte ou une coupe menstruelle figurant sur la liste prise en charge.
- Présenter sa carte Vitale : physique ou dans l’application carte Vitale. Le tiers payant vous évite d’avancer la part de l’Assurance Maladie, et aucune attestation de prise en charge particulière n’est à produire.
- Laisser le pharmacien appliquer le remboursement : 60 % pris en charge par l’Assurance Maladie pour les moins de 26 ans, les 40 % restants par votre complémentaire santé si votre contrat le prévoit. Pour les bénéficiaires de la C2S, c’est 100 %, soit zéro euro à payer.
Un point mérite attention : le quota. Le remboursement est limité à 2 produits par an, et ce compteur tourne de date à date à partir de votre premier achat remboursé, pas sur l’année civile. Pour s’y retrouver, les pharmaciens disposent d’un outil de suivi sur leur espace professionnel, baptisé ADAC, qui leur indique le quota déjà consommé. En clair, inutile de tenir vos comptes vous-même, le comptoir le fait pour vous.
Pourquoi une sélection de produits si réduite
Seuls huit produits sont remboursés aujourd’hui, parce que chaque référence doit respecter un cahier des charges strict fixé par l’arrêté du 6 août 2026. Ce n’est pas un hasard de sélection, c’est un filtre technique et sanitaire.
Pour une culotte menstruelle, le texte impose notamment :
- une composition d’au moins trois couches, dont une couche drainante au contact de la peau en coton biologique ou en lyocell (une fibre issue de la cellulose de bois), une couche absorbante et une couche imperméable antifuites ;
- une capacité d’absorption d’au moins 12 ml, et d’au moins 20 ml pour au moins un modèle de la gamme ;
- une résistance à 52 lavages minimum, à une température d’au moins 30 °C ;
- au minimum 8 tailles différentes par référence ;
- la certification Oeko-Tex Standard 100 (classe I ou II), qui garantit l’absence de substances nocives dans le textile, plus un test de tolérance en conditions réelles.
Les coupes menstruelles, elles, doivent être certifiées Ecolabel européen ou testées selon la norme ISO 10993-1 (relative à la sécurité des dispositifs au contact du corps), et exister en deux contenances. On comprend mieux, du coup, pourquoi la liste reste courte : passer toutes ces épreuves demande du temps et des moyens que toutes les marques n’ont pas engagés.
Voici les références inscrites à ce jour sur la liste de l’Assurance Maladie (la LPPR, pour liste des produits et prestations remboursables), avec leur code de prise en charge.
| Fabricant | Type | Code LPP |
|---|---|---|
| Claripharm | Coupe | 6730544 |
| Elia Innovation | Coupe | 6759105 |
| Les Petites Choses | Coupe | 6778261 |
| Biocodex / Saforelle | Culotte | 6724578 |
| Corman | Culotte | 6790121 |
| Elia Innovation | Culotte | 6706971 |
| Lemahieu | Culotte | 6775452 |
| Sisters Republic | Culotte | 6784014 |
Cette liste s’allongera à mesure que d’autres fabricants feront référencer leurs modèles. Pour vérifier qu’un produit est bien remboursable au moment de votre achat, le plus sûr reste de demander son code de prise en charge au pharmacien.

Ce que le plafond de 19 € dit vraiment du choix
Le remboursement s’appuie sur un prix plafond, fixé à 14,40 € hors taxes, soit 19 € toutes taxes comprises pour une culotte et 15,80 € pour une coupe. Les produits référencés sont vendus à ce tarif, ce qui veut dire qu’il n’y a pas de dépassement surprise à régler sur un modèle remboursé.
Le vrai sujet est ailleurs. Ce plafond calibre le remboursement sur des modèles conçus pour tenir dans 19 €. Or beaucoup de culottes vendues dans le commerce, plus absorbantes, déclinées en davantage de tailles ou de coupes, affichent plutôt 30 à 40 €, et ne figurent pas, elles, sur la liste. Être remboursée ne donne donc pas accès à tout le rayon : cela oriente vers une sélection calibrée, pas vers le modèle premium que certaines achètent déjà. C’est une nuance que les boutiques en ligne n’ont pas vraiment intérêt à souligner.
Reste l’argument du temps long. Une culotte référencée doit résister à 52 lavages minimum, soit plusieurs années d’usage pour quelques euros après remboursement. Face aux protections jetables, qu’on rachète chaque mois, le calcul penche vite du côté du réutilisable, remboursement ou pas. C’est peut-être là que la mesure change le plus la donne au quotidien.
Dernier point, loin d’être anecdotique : plusieurs fabricants référencés sont français. La prise en charge par la Sécurité sociale a poussé une filière de production hexagonale à se structurer autour de normes communes, un enjeu à la fois sanitaire, industriel et d’emploi. Ce dispositif fait entrer la protection menstruelle dans le parcours de soin courant, au même titre qu’un traitement du quotidien comme la pilule contraceptive, et participe plus largement à la santé et au confort intime, un terrain où le choix d’un bon probiotique pour la flore intime compte aussi.
Et si vous n’avez pas droit au remboursement ?
Au-delà de 26 ans et sans Complémentaire santé solidaire, le remboursement de l’Assurance Maladie ne vous concerne pas, mais d’autres relais existent. Il serait dommage de les ignorer.
- Votre mutuelle : de nombreuses complémentaires santé prennent en charge une partie des protections périodiques, et certaines proposent un forfait dédié, parfois sans condition d’âge. Le réflexe utile est de vérifier la rubrique correspondante de votre contrat, ou de la demander directement à votre mutuelle.
- Si vous êtes étudiante : des distributeurs de protections périodiques gratuites sont installés sur de nombreux campus et dans les résidences et restaurants universitaires, financés par la contribution de vie étudiante et de campus via les CROUS.
- Les aides locales : certaines villes, départements ou régions mettent en place leurs propres dispositifs d’accès gratuit ou aidé aux protections réutilisables. Ils varient d’un territoire à l’autre, le mieux reste de se renseigner auprès de votre collectivité.
Au fond, ces quelques euros remboursés disent surtout autre chose. En faisant passer la culotte menstruelle par le comptoir de la pharmacie, aux côtés des dispositifs médicaux, le dispositif range la protection périodique dans l’ordinaire du soin. Pour un objet longtemps relégué au rayon hygiène et au silence, ce déplacement symbolique pèse peut-être plus lourd que la ligne sur la feuille de remboursement. La vraie économie, ce sera le jour où en parler n’aura plus rien d’exceptionnel.
Culotte menstruelle remboursée en pharmacie : vos questions
Faut-il une ordonnance pour se faire rembourser une culotte menstruelle en pharmacie ?
Non, aucune ordonnance n’est nécessaire. Vous vous rendez directement en pharmacie, vous demandez un modèle référencé et vous présentez votre carte Vitale. Le pharmacien applique le remboursement au comptoir.
Comment fonctionne le tiers payant pour la culotte menstruelle ?
Le tiers payant vous évite d’avancer la part de l’Assurance Maladie. Pour les moins de 26 ans, celle-ci couvre 60 %, et les 40 % restants sont pris en charge par votre complémentaire santé si votre contrat le prévoit, sinon ils restent à votre charge. Pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, le remboursement est de 100 %.
Toutes les culottes menstruelles sont-elles remboursées ?
Non. Seuls les produits inscrits sur la liste officielle de l’Assurance Maladie sont remboursés, soit 8 références à ce jour. Un modèle acheté hors de cette liste, même de qualité, ne donne droit à aucune prise en charge.
Combien coûte réellement une culotte menstruelle remboursée ?
Son prix est plafonné à 19 € toutes taxes comprises, et à 15,80 € pour une coupe. Pour les moins de 26 ans, il reste au maximum 40 % à régler si la complémentaire ne couvre pas le reste. Pour les bénéficiaires de la C2S, elle est gratuite.
Peut-on acheter une culotte menstruelle en ligne ou en grande surface et être remboursée ?
Non. Le remboursement est réservé à l’achat en pharmacie. Un même modèle acheté sur internet ou en grande surface, même référencé, n’ouvre pas droit à la prise en charge.
Les tampons et serviettes jetables sont-ils concernés par le remboursement ?
Non. Le dispositif ne couvre que les protections réutilisables référencées, c’est-à-dire les culottes et les coupes menstruelles. Les tampons et les serviettes à usage unique n’entrent pas dans le remboursement.
Le remboursement est-il rétroactif sur un achat déjà effectué ?
Non. Seuls les achats réalisés en pharmacie à partir du 1er octobre 2026 ouvrent droit au remboursement. Une culotte achetée avant cette date, ou ailleurs qu’en pharmacie, n’est pas prise en charge rétroactivement.
Peut-on cumuler une culotte et une coupe dans les deux produits remboursés par an ?
Oui. La limite de 2 produits par an est commune aux culottes et aux coupes. Vous pouvez donc, par exemple, faire rembourser une culotte menstruelle et une coupe sur la même période annuelle.
Une culotte menstruelle remboursée est-elle de moins bonne qualité ?
Non, au contraire. Pour être remboursée, elle doit respecter un cahier des charges précis : au moins trois couches, une capacité d’absorption minimale, 52 lavages de résistance et la certification Oeko-Tex. Le remboursement garantit donc un socle de qualité, même si les modèles les plus haut de gamme restent hors de la liste.
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr), règles de délivrance en pharmacie
- Service-public.gouv.fr, protections réutilisables remboursées
- Vidal, les 8 produits inscrits à la LPPR
- Assurance Maladie, communiqué de presse du 28 septembre 2026
- etudiant.gouv.fr, protections périodiques gratuites sur les campus (CVEC)


